Partager l'article ! Que devons nous retenir de ces élections cantonales ?: Premier rendez-vous électoral après les mouvements sociaux sur les retraites et contre ...
Premier rendez-vous électoral après les mouvements sociaux sur les retraites et contre le démantèlement des services publics, les élections cantonales de mars 2011 doivent faire l'objet d'une attention particulière dans la perspective des futures élections présidentielles. Même si ce scrutin ne concernait que la moitié du territoire national, il est un test « grandeur nature » sur la démocratie locale. Il a permis également aux citoyens de s'exprimer en envoyant plusieurs messages.
D'un point de vue national, il est regrettable que le gouvernement ait organisé l'abstention par l'abandon de campagnes d'appel au civisme comme nous avions l'habitude de voir et d'entendre à la télévision ou sur les radios. Même si les territoires ruraux résistent mieux à ce phénomène, ils n'en sont pas exclus. Cette abstention est aussi le reflet de l'appréhension de celles et ceux qui vivent mal au quotidien. Je citerai l'analyse d'Arnaud MONTEBOURG, Député de Saône et Loire et Président du Conseil Général : « La gauche a le devoir de reconnaître que l'abstention massive est un sérieux message d'incroyance et de désamour dans cette période d'effondrement du système économique, à l'encontre des partis de gouvernement ou aspirant à le devenir ».
Ensuite, nous devons nous préoccuper de la montée du FN et d'un transfert de voix de l'UMP dans les cantons où il a pu se
maintenir. C'est un sérieux avertissement qu'il convient de combattre avec des réponses nouvelles.
Enfin, les résultats apportent à la gauche et plus particulièrement aux socialistes l'occasion de poursuivre des politiques de proximité qui protègent et qui agissent pour changer le quotidien et
résister à la casse libérale et conservatrice du gouvernement SARKOZY-FILLON.
Dans le Gers, nous résistons mieux à l'abstention et au vote d’extrême droite. Nous nous félicitons de l'élection de 7 conseillers généraux de gauche (6 socialistes et 1
communiste) dès le premier tour, dont celle de Philippe MARTIN, Président du Conseil Général. Félicitations à la promotion de 2004 qui confirme dans les urnes : Philippe DUPOUY, Guy DARRIEUX,
Jean Pierre SALERS et Bernard GENDRE. Bravo également à ceux qui avaient réussi la reconquête de 1998 : Philippe MARTIN, Gérard FAUQUE, sans oublier le premier choc pour la droite gersoise avec
la victoire de Joël LAJUX face à Claude SAINRAPT, conseiller général sortant de Cazaubon et leader du groupe d'opposition (le Rassemblement Pour le Gers... le RPG).
Le second tour a permis les réélections "sans appel" d’Alain SORBADERE et Pierre LASSERRE sur les cantons d'Auch. De plus, les choix des citoyens du 27 mars donnent l'occasion à une nouvelle génération d'élus de gauche d'entrer en politique au parlement de Gascogne. Les cantons de Jegun, Masseube, Montréal et Plaisance passent à gauche par le biais du rassemblement de la gauche. Ainsi, Bernard KSAZ est élu à Jegun, Françoise CASALE à Masseube, Nicolas LABEYRIE à Montréal et Gérard CASTET à Plaisance. Toutes mes félicitations !
Notons aussi que les membres de la majorité socialiste du Conseil Général se diversifie : une femme de plus, un trentenaire, des expériences syndicales et professionnelles. La majorité socialiste autour de Philippe MARTIN est large avec 24 conseillers généraux, les ténors de la droite gersoise dans la déroute après leur défaite à Cazaubon c'est la perte du canton de Montréal (territoire électoral du patron de l'UMP gersoise). L'opposition départementale est réduite à 5 élus, sans leader, sans projet et sans étiquette !
A Lombez, coup de tonnerre !
Dans le cadre d'une stratégie nationale de rassemblement à gauche le Parti Socialiste avait décidé de ne pas représenter notre candidature, même si nous avions fait jeu égal avec le conseiller général sortant. Dans ce cadre, le PS avait proposé au Parti Radical de Gauche (PRG) un accord de désistement entre le canton de Fleurance et celui de Lombez. Le PRG le refusa, le PS l'exécuta malgré tout. Troublant jeu de « mécanique » politicienne du côté du PRG qui fera élire un conseiller général avec les voix de droite à Fleurance et qui abandonne le conseiller général de Lombez qui portait ses couleurs depuis 2008 (en rappelant qu'il avait été élu avec l'étiquette PS en 2004... Cela « va mieux en le disant » comme la presse locale a souvent oublié d'analyser son parcours au gré des circonstances électorales).
Ayant obtenu les voix nécessaires pour se maintenir au second tour et identifié une dynamique de gauche sur les candidatures nouvelles du PS, du Front de Gauche et d'Europe Ecologie, avec Michèle DARNAUD, ma remplaçante, nous avons accepté la décision collective pour offrir les conditions d'un rassemblement. Cependant, les mauvais résultats du conseiller sortant, n’avait malheureusement pas été analysés. Son score était le plus bas des élus sortant, même plus bas que celui de M. SAINRAPT à Cazaubon éliminé dès le premier tour. La dynamique n'était pas de son côté, le résultat du second tour n'en sera que la démonstration. Il aurait pû se retirer après le 1er tour et ainsi permettre l'émergence d'une nouvelle dynamique à gauche... Bref, "on ne refait pas l'histoire"...
Notre « non participation » a pu surprendre, interroger et faire râler de nombreux citoyens et élus locaux tant la volonté de changement de pratique, de méthode de travail et d'espoir en un projet local solidaire et durable avait pris du sens pendant la campagne électorale. Nous avons mené la campagne qu'il fallait, en recevant de nombreux soutiens et en axant nos engagements sur des propositions utiles pour les personnes et le territoire. D'autres enjeux sont apparus : intercommunalité, cumul des mandats, manque de proximité, colère des élus locaux... Ce malaise autour de la démocratie locale était visible et évoqué dans toutes les réunions, dépassant les clivages politiques. A côté de cela, le manque de visibilité et d'initiatives pour préparer les défis de notre ruralité est un sujet préoccupant . Nous y avons apporté des réponses, nous n'avons pas pu les porter jusqu'au bout, en étant privé de la seconde mit-temps, en reprenant une métaphore sportive.
Quels enseignements peut-on tirer de cette élection sur notre canton ?
1 - L ’incapacité du conseiller général sortant à rassembler les gens de gauche dont certains se sentent trahis par rapport à la politique locale qu’il mène. Il n'y a qu'un seul responsable de cet échec pour la gauche : Jean LOUBON.
2 – Un vote rejet et d'absence de vision pour ce territoire a bénéficié au candidat de droite... cela reste paradoxal mais c'est une réalité électorale ! N'oublions pas les 5 % de vote blanc ou nul.
3 – La "partialité" de la Dépêche du Midi qui avait choisi, très tôt, les candidats du second tour au regard du traitement médiatique de cette campagne électorale qui n'a pas été favorable à celles et ceux qui portaient le changement !
4 – Apprendre à certains élus à respecter les électeurs et d'arrêter de penser que la politique c'est de l'arithmétique et que les « petits arrangements » du quotidien pour certains ne sont que les conditions de la réussite électorale !
5 – Un message d'espoir et de changement dans la clarté du débat, avec des convictions, est majoritaire à gauche.
Nous avons attendu ces messages. Ils imposent à la gauche sur le canton de Lombez de prendre un nouvel élan. Le premier tour a
été l'occasion de préparer la prochaine élection dans trois « petites » années...
Encore merci aux électeurs du 1er tour, à celles et ceux qui nous ont manifesté soutien et enthousiasme. Nous serons au rendez vous pour résister, ne jamais se résigner tout en contribuant d'une
autre manière à redonner à notre canton et à ses citoyens un nouvel espoir à gauche.